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  • : Ce blog présente toutes les actualités de l'écrivain, journaliste et historien Gonzague SAINT BRIS.
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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 09:27
Articles parus sur le livre "Déshabillons l'Histoire de France" (XO)
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 16:44

par Gonzague SAINT BRIS

 

C’est quoi l’amour ? Une fulguration ? Une sublimation ? Une reconnaissance réciproque, soudaine et silencieuse ? Un éblouissement ? La certitude qu’on vient de décacheter le flacon du parfum du bonheur ? Le moment le plus beau, c’est quand enfin l’alliance relaie l’éclat du désir et tient les promesses de la passion. Cet instant parfait destiné à durer une éternité, je l’appelle Le Romantisme absolu. Et quel plus beau lieu pour le vivre ou le revivre que la plage de Cabourg, dans les sables du temps quand son festival fête ses trente ans ?

 

Aujourd’hui, en 2016, alors qu’il y a trois décennies je créais le Festival International du Film Romantique de Cabourg, voilà que l’on découvre que c’est par cette cité balnéaire normande que passe le méridien de l’amour, le Greenwich du désir. Et le plus beau, c’est que ce méridien de l’amour se situe dans la droite ligne de la légendaire promenade Marcel Proust, lui qui fut le plus grand producteur d’images de la littérature française. C’est sur la promenade qui porte aujourd’hui son nom que, la nuit venue, il assista à la première projection du cinématographe en plein air, tandis que la façade du Grand Hôtel était illuminée de milliers de piles électriques.

 

Le Festival du Film Romantique de Cabourg fête cette année ses trente ans. Jamais je n'oublierai ce rendez-vous où tout a commencé avec Bruno Coquatrix, le Maire de Cabourg. Accueillant, souriant et direct, l'idée que je lui avais présentée lui plut aussitôt. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre, acquiescer et applaudir. Le projet que je présentai au mythique directeur de l’Olympia était simple : créer à Cabourg, cité de bains de mer, mais aussi capitale des images : un Festival International du Film Romantique qui ferait entrer la station à partir de la plage de la nostalgie dans le futur des films. A l'instant où il prononça son "oui", un arc-en-ciel tomba de l'horizon sur la table nappée de blanc qui nous avait réunis… c'était un signe !

 

Cabourg était déjà une des grandes destinations du romantisme, George Sand y notait : « Il y a ici une collection d’enfants enragés, de mouvements et de baignades par tous les temps… », tandis qu’Alexandre Dumas, gourmand de tous les plaisirs, y avait repéré la bonne adresse de la mère Oseraie avec une vue superbe aussi bien sur la Vallée de la Touques que sur les vagues salées de la passion. Sur les sables du temps, ils avaient tous signé, de Théophile Gauthier à Jules de Goncourt, sans oublier Adolphe d’Ennery, un écrivain et dramaturge célèbre qui avait adapté pour les planches les romans de Jules Verne, et qui fut maire de Cabourg de 1855 à 1859. Notre nouveau et jeune maire, Tristan Duval, qui est issu du monde du spectacle et de la communication, est tout à fait dans cette lignée.

 

« Nous voici dans un singulier endroit, un bain de mer fait par des gens de théâtre, un bain de mer dont le maire est d’Ennery ! », n’avait manqué de remarquer, jadis et naguère, le spirituel Jules de Goncourt. Ainsi le théâtre de la mer allait-il accoucher d’une cité de cinéma. Le Romantisme, qui avait imposé la souveraineté de l’image, donnait un futur au souvenir en faisant déboucher Cabourg sur la série sans fin des émerveillements chaque année renouvelés du Septième Art. Après les séjours de Marcel Proust, le seigneur des images, des centaines d’actrices fameuses et de comédiens célèbres allaient défiler sur le tapis rouge posé sur la digue. Que de souvenirs depuis trente ans déclinant toutes les couleurs du bonheur et tous les aspects du talent !

 

A Cabourg tous les souvenirs ont droit de cité et tous reviennent en foule. Je me souviens de 2003, quand Isabelle Adjani y a reçu le Swann d’Or de la Meilleure Actrice et le Coup de Foudre pour le film de Benoît Jacquot, « Adolphe », adapté du chef d’œuvre romantique de Benjamin Constant.

 

Après trente ans de Festival Romantique, trente ans de création et d’amour pour le plus grand bonheur des habitants de Cabourg, cinéphiles de naissance, chaque court métrage et long métrage projetés, chaque comédienne et acteur récompensés, participent à la résurrection de cette immortelle impression. Elle est cristallisée par le regard de Proust fixant la Ville de Cabourg dans la perpétuité lorsqu’il y décrit la « liquide mobilité de la lumière »... Déjà une image de cinéma !

Gonzague Saint Bris sur la Promenade Marcel Proust à Cabourg.

Gonzague Saint Bris sur la Promenade Marcel Proust à Cabourg.

Gonzague Saint Bris en 1986, l’année où il créé le Festival du Film Romantique de Cabourg

Gonzague Saint Bris en 1986, l’année où il créé le Festival du Film Romantique de Cabourg

Les Nouveaux Romantiques : de gauche à droite Frédéric Mitterrand, Brice Lalonde, Gonzague Saint Bris, Patrick Poivre d’Arvor.

Les Nouveaux Romantiques : de gauche à droite Frédéric Mitterrand, Brice Lalonde, Gonzague Saint Bris, Patrick Poivre d’Arvor.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 11:02

Le 2 décembre dernier, près de 600 sociétaires ont assisté au débat "demain, la nouvelle renaissance ?" organisé par la Caisse d’Epargne Ile-de-France au palais Brongniart, à Paris. Cette conférence, animée par Gonzague Saint Bris, a donné la parole à onze personnalités,
en présence du Président du directroire de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, Didier Patault .

Retrouvez l'intégralité du magazine du Club des Sociétaires de la Caisse d’Epargne Ile-de-France en cliquant sur le lien suivant :

http://www.societaires-ceidf.fr/le-magazine/n22/index.html

Conférence Caisse d'Epargne Ile de France et Culture Drone  « Demain, la Nouvelle Renaissance ? »
Conférence Caisse d'Epargne Ile de France et Culture Drone  « Demain, la Nouvelle Renaissance ? »
Conférence Caisse d'Epargne Ile de France et Culture Drone  « Demain, la Nouvelle Renaissance ? »
Conférence Caisse d'Epargne Ile de France et Culture Drone  « Demain, la Nouvelle Renaissance ? »
Conférence Caisse d'Epargne Ile de France et Culture Drone  « Demain, la Nouvelle Renaissance ? »
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 09:52
Photo prise par Frédéric Myss lors de la Forêt des Livres 2007  devant le château de Chanceaux :   de gauche à droite Monseigneur Di Falco, Gérard Robert, Jean-Yves Couteau, G.S.B., P.P.D.A., Eric Fottorino,  En bas de gauche à droite, Florence Belkacem, Macha Méril et Pierre Louault.

Photo prise par Frédéric Myss lors de la Forêt des Livres 2007 devant le château de Chanceaux : de gauche à droite Monseigneur Di Falco, Gérard Robert, Jean-Yves Couteau, G.S.B., P.P.D.A., Eric Fottorino, En bas de gauche à droite, Florence Belkacem, Macha Méril et Pierre Louault.

Hommage

par Gonzague Saint Bris

 

 

Quand Jean-Yves Couteau au milieu de sa grave maladie a été élu Président du Conseil Départemental d’Indre et Loire, j’ai vécu un des plus beaux moments de ma vie. En effet ce jour-là était rendue justice à la fois à sa compétence et à son courage, à son ouverture d’esprit et à sa détermination dans l’action en faveur des autres. Dans ce monde politique où rare est la vertu et invisible la reconnaissance, tout s’ordonnait de manière merveilleuse pour que soit salué par tous en une seule personne ce qui faisait de Jean-Yves un être unique, son intérêt constant pour les autres et son dévouement infatigable pour la plus belle des causes, celle de la culture pour tous. Je peux le redire aujourd’hui, comme j’ai toujours eu plaisir à le répéter sans cesse : La Forêt des Livres, qui a fêté ses vingt ans le dimanche 30 août 2015, ne serait jamais parvenue jusqu’à cet anniversaire ni jusqu’au grand succès de réunir près de 70 000 visiteurs autour de 200 auteurs dans un village de 150 habitants sans le soutien que lui avait apporté en pionnier, aux premiers jours, Jean-Yves Couteau alors Vice-président chargé de la Culture du Conseil Général d’Indre et Loire.

 

 

Cet amour de la culture, il le vivait dans les vêtements neufs de la création. Je me souviens quel metteur en scène il était quand, Maire adjoint chargé de la culture de Saint-Cyr-sur-Loire, il avait inventé ces fameux Soupers de la Perraudière où il mêlait son art de metteur en scène de théâtre au charme d’une veillée littéraire évocatoire des grandes figures de notre histoire. La subtilité de ses réparties, son amour éclatant de la vie et de la fantaisie qui transparaissait dans les artifices ingénieux de sa mise en scène, montraient les riches couleurs de sa personnalité toujours renaissante malgré les coups cruels que lui dispensait son cancer. Il était en même temps un homme de foi et l’exemple époustouflant de ce courage calme qui savait dominer la douleur. Comment a-t-il fait durant ces longs mois pour toujours être là, toujours être présent, toujours être à la hauteur ? Quand après la conférence de presse qu’il a donnée à Tours le 27 août avec Boris Cyrulnik, il nous a remis son éditorial pour le journal des vingt ans de La Forêt des Livres, je n’ai pu que le féliciter en admirant dans la valeur de ses mots combien les convictions de son cœur correspondaient à son engagement d’élu du peuple. Dans l’émotion, je ne peux que le citer pour lui rendre hommage. Voici ce qu’il écrivait de sa chère Touraine : « C’est une évidence dans cette terre qui vit naître Rabelais et mourir Ronsard, où Balzac vécut et fit évoluer nombre de ses personnages romanesques. La Maison de la Devinière, le Prieuré St-Cosme et le château de Saché résonnent encore de la présence de ces architectes de notre Culture commune dont les récits ont construit la pensée moderne. Le Département anime ces sites remarquables pour offrir au visiteur, érudit ou profane, un voyage dans leurs univers au travers de scénographies originales et d’expositions sans cesses renouvelées. La Touraine est riche d’un patrimoine exceptionnel qui nourrit l’imagination des artistes et des créateurs depuis des siècles. La Forêt des Livres est leur fille désormais adulte : elle célèbre aujourd’hui ses 20 ans avec la maturité d’un événement qui a fait ses preuves et l’ambition d’un avenir que nous souhaitons radieux. Le Département continuera de l’accompagner malgré la rudesse des temps à venir pour les finances publiques pour répondre à l’injonction d’André Malraux « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ». C’est aussi vrai pour les individus que pour la puissance publique qui doit garantir à chacun un accès à la connaissance, à la découverte et à l’art. C’est pour cela que le public, les bénévoles et les invités de La Forêt des Livres répondent présents chaque année et pour cela que nous maintiendrons notre soutien à cet évènement qui enrichit nos consciences et fait vivre notre chère Touraine. »

 

 

Mais ce n’est pas tout, quatorze ans après avoir soutenu les débuts de La Forêt des Livres, Jean-Yves Couteau me soumettait l’idée de donner un deuxième festival littéraire à la Touraine en sa commune de Saint-Cyr-sur-Loire, la ville de Balzac enfant, de Béranger, de Bergson, d’Anatole France et de Bernard Clavel. J’acceptai avec enthousiasme cette invitation à donner à l’Indre et Loire une vie littéraire à deux vitesses du printemps à l’été et de Saint-Cyr à Chanceaux et nous vécûmes alors six ans de bonheur dans la fraternité partagée de l’amour de nos auteurs. Quelle image garderons-nous de Jean-Yves ? Un homme rayonnant et vaillant qui par amour des autres a su vaincre le mal.

 

 

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 10:45
Le Figaro : Prière pour nos frères chrétiens persécutés
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 13:57

Belle Claire,

Vous êtes, pour nous tous les français qui vous aimons, l’intelligence de la grâce et la grâce de l’intelligence.

Vous ne cessez de progresser dans nos cœurs, et là encore vous venez de marquer un point. Vous êtes passée avec le pays qui vous suit de l’incrustation télévisuelle à la cristallisation amoureuse. Vous vous aérez, vous vous libérez, vous vous élevez. Après un quart de siècle de devoir, commence votre vraie jeunesse. Votre voix qui est la voie même de votre âme, votre art de vous vêtir avec une touche de peintre, votre manière posée et profonde d’accompagner et d’expliquer les soubresauts du monde ne nous quitteront pas. De votre vivant vous faites palpiter la chair de la légende. Vous entrez dans une éternité douce, mais votre présent, votre emploi du temps, votre quotidien c’est votre amour de la culture, votre goût de l’écriture, et surtout la création qui vous a toujours accompagnée mais qui maintenant s’impose à vous. La musique vous allez la précéder et la suivre de votre voix mélodieuse, mais au-delà de cette voix douce il y a votre cœur qui est fort et fier. Vous incarnez avec élégance cette phrase intense de Wagner : « La gaieté est le secret des vaillants. »

La vie ne cesse de nous accabler de coups durs et de nous faire subir des doubles peines. Vous avez ce don prodigieux grâce au travail que vous imposez à votre corps par l’art de la danse, de passer avec style au-delà des épreuves. Dans l’écran des apparences vous avez toujours su régner par la douceur. Derrière vous l’empreinte de la démarche est intacte : vous avez effacé les traces de l’effort.

Si vous écrivez maintenant le livre de la vérité de ce qui survient dans votre vie - et j’espère que vous le dédicacerez l’été prochain sous les verdures éternelles d’une belle forêt de votre chère Touraine - on pourra lire dans la ligne claire de votre humanité la souveraineté de votre signature.

Votre Gonzague

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 13:59

31/08/2015 05:46

Sous un soleil radieux, la Forêt des livres a fêté ses 20 ans. Le public est venu nombreux pour célébrer l’anniversaire d’une manifestation qui fait rimer littéraire avec populaire.

La voiturette de golf fend la foule le long de l'allée des platanes. « Tiens, c'est Hugues ! », s'exclament spontanément tous ceux qui ont reconnu la crinière blanche de son passager, comme s'ils parlaient d'un copain de longue date. Hugues Aufray sourit : on est bien entre amis, ici. Célébrités et anonymes se mélangent sous les mêmes frondaisons. Il est presque 15 h, dimanche, le chanteur de Santiano rejoint sa table et s'apprête à enchaîner les dédicaces. On a déjà du mal à circuler au pied du chalet des chasseurs.

Combien seront-ils à braver la chaleur pour se plonger dans le bain de culture et de chlorophylle du rendez-vous littéraire de Chanceaux ? Dès le matin, son chef d'orchestre enflammé, Gonzague Saint-Bris a annoncé 60.000 personnes. Qu'importent les mathématiques : le public est là, en masse. Et la Forêt des livres est affaire de (belles) lettres, pas de chiffres.

Impossible de ne pas retrouver son âme d'enfant en passant près de Joseph Joffo, auteur de l'impérissable « Sac de billes ». Un peu plus loin, la file d'attente devant Éric-Emmanuel Schmitt a de quoi rendre jaloux son voisin, le (pourtant) célèbre communicant Jacques Séguéla. Venu présenter son livre « Coups de pub », il n'en prend pas ombrage pour autant et ne rechigne pas, sollicité par la NR, à proposer un slogan pour la Forêt des livres : « Les livres sont les arbres de nos jardins secrets. » Reste à savoir si Gonzague Saint-Bris l'adoptera…

Mais c'est un peu plus haut dans la prairie que les attroupements les plus impressionnants se forment. Les admirateurs de Christophe Lambert font le siège de son stand, alors même qu'il s'est absenté. Milo Manara est obligé de réduire le nombre de ses dédicaces. Il dessinait à chaque fois son héroïne : trop long ! On se lamente devant la place vide de Francis Huster qui a dû repartir en début d'après-midi. Puis, vient LE trio de loin le plus populaire. Côte à côte, PPDA et Natacha Polony sont littéralement pris d'assaut. Ne serait-ce que les apercevoir relève du défi. Pour autant, ce n'est rien à côté de leur compagnon de tablée : Pierre Perret. On se presse pour obtenir un mot de celui qui les aime tant.

" La Forêt des livres c'est l'élitisme pour tous "

« C'est réconfortant de voir autant de gens s'intéresser au débat, à la littérature. La Forêt des livres, c'est l'élitisme pour tous », s'enthousiasme avec son œil de journaliste le directeur de Libération Laurent Joffrin. Avant de dédicacer son nouveau livre : « Le Réveil français ». Et si c'était à Chanceaux que son heure avait sonné ?

Pierre Calmeilles

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:55

Par Gonzague Saint Bris

 

C’était samedi matin sur le parvis de l’église Saint-Germain-des-Près à Paris l’hommage à José Artur : « Rassemblement silencieux pour le plus grand des bavards » auquel sa dernière compagne Patricia Righetti avait ajouté : « Libre à ceux qui l’aiment de porter comme lui, ce jour là, une écharpe blanche. » David, le fils de José Artur, invitait ceux qui voulaient l’accompagner de leurs prières dans son dernier voyage, à entrer dans l’église au son de la voix de l’inoubliable animateur du Pop Club.

 

Ils sont venus, ils sont tous là : Pierre Arditi, Jacques Attali, Frédéric Beigbeder, Patrice Blanc-Flancard, Pierre Bouteiller,  Patrick Chesnais, Pierre Cornette de Saint Cyr, Bernard Debré, André Dussolier, Brigitte Fossey, Daniel Lauclair, Michel Legrand, William Leymergie, Macha Meril, Patrick Pelloux, Olivier Poivre d’Arvor, Patrick Tréjean, Lydie Trigano, Pierre Santini,  Guy Savoy, et tant d’autres.

 

Lorsqu’il était à l’hôpital avant de rendre son dernier souffle, il n’a pas pu s’empêcher de formuler un ultime mot d’esprit : « Je suis puni par où j’ai pêché : je ne peux plus parler ! ». Peu de gens savent que José Artur, quand il était petit pendant la guerre, avait été recueilli par des amis de sa famille dans le Lochois, les Boulay de la Meurthe, célèbres par leur ancêtre Antoine, le rédacteur du Code Napoléon.

 

Quand j’ai débuté dans le journalisme, ma mère m’a montré son carnet de jeune fille avec la photo de José Artur à treize ans parmi celles d’autres amis qui se trouvaient tous en Touraine pendant la guerre, autour de  Chanceaux-près-Loches, près de la ligne de démarcation. Admirateur de José, j’allais bientôt devenir l’un de ses proches et c’est alors qu’il n’eut de cesse de me dire qu’il voulait revenir au pays qui avait été, lors de l’occupation, celui de son enfance. Alors je l’invitai  à Loches à présider la manifestation « des Montgolfières d’artistes » avec le peintre Jean Vérame et le couturier Jean-Charles de Castelbajac. Il me raconta alors que son compagnon Alfred Boulay de la Meurthe,  dans la propriété duquel il était reçu, lui avait donné un jour un rendez-vous insolite au sommet du donjon de Loches pour lui parler confidentiellement « d’une affaire importante ». Je vois encore José Artur me mimer la scène. Il me dit : « Nous étions tous les deux debout face à face sur les hautes pierres du vieux donjon au dessus du vide. Alfred me dit alors avec un air un peu solennel : « Veux-tu te joindre à nous ? » Je lui répliquais : « c’est qui nous ? ». « La résistance » lui répondit Alfred qui  à quinze ans y jouait déjà un rôle plus qu’important. Caché dans le grenier du château familial de Fretay, il communiquait secrètement par radio avec les membres de son réseau. On ne sut son rôle dans l’armée des ombres qu’après la guerre, quand il fut invité à se rendre à Londres pour être décoré par la Reine en personne. Alfred Boulay de la Meurthe était déjà un héros, lui qui deviendra plus tard le grand-père vénéré d’Adelaïde de Clermont Tonnerre.

 

Ainsi était aussi José, gardant son air spirituel au milieu des fracas de l’Histoire, déjà résistant à sa façon parce que toujours mutin. Toute sa vie il a excellé dans l’art de n’être jamais sérieux. Il n’admirait qu’une chose au dessus de tout, le sens de la réplique, l’art du mot juste qu’on jette au  bon moment.  Ses mots d’esprit il en a fait des tonnes, des titres et des livres. Au « Pop Club » il était le seul intervieweur qui parlait plus que ses invités… ses questions étaient si interminables que les réponses ne pouvaient être que brèves ! La femme de sa vie, Patricia Righetti, a été ses vingt-sept dernières années au spectacle quotidien de son esprit pétillant et quand approcha la fin de José Artur, elle s’est dit : « Il ne va tout de même pas me faire ça : s’éteindre le jour de mon anniversaire ! » Mais l’exactitude est la politesse des poètes et il lui a offert cet ultime hommage : rendre l’esprit le jour anniversaire de la naissance de sa bienaimée.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 11:09

Chambord-10.07.13-080.jpg

Le nouveau livre de Gonzague Saint Bris, Marquis de Sade, l'ange de l'ombre (Télémaque), vient de paraître en avant-première au bicentenaire de la mort du Divin Marquis. Qualifié par le libraire et critique Gérard Collard de «bouquin extraordinaire» et signalé par Marina Carrère d'Encausse comme «un grand livre», il est en tête des ventes des biographies sur amazon.com. Ami de la famille de Sade, Saint Bris a eu accès à des archives encore inédites.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 10:43

PHILIPPE MAILLE montage photos

La mort du grand photographe de presse

PHILIPPE MAILLE : SON DERNIER ENVOL

par Gonzague Saint Bris

 


Le 5 décembre à 11h45, Philippe MAILLE, le grand photographe et aérostier  a pris, suivant la belle expression de sa fille Emilie et d'Hugues de Sade, son dernier envol. Que tous ceux qui l'ont aimé se retrouvent pour un ultime salut à la messe de ses funérailles le jeudi 12 décembre à 9h45 à l'église Saint Justin, Parvis Jean-Paul II, Place d'Estienne d'Orves à Levallois-Perret 92300.


Pour moi Philippe Maille était depuis quarante ans plus qu'un ami, un véritable frère, frère dans le journalisme puisqu'il exerçait avec talent le beau métier de photographe de presse, faisant une carrière éclatante au Figaro Magazine, frère dans l'amour du sport et la passion de l'élévation quand nous partagions ensemble, et souvent avec Hugues de Sade, la pratique du ballon libre. Combien de fois n'avons-nous pas vécu ces vols enchanteurs qui nous emportaient dans les cieux du Val de Loire à bord de la nacelle et sous le bruit du brûleur en nous envolant de l'Ile d'Or à Amboise, du parc de Chenonceau ou de la Pagode de Chanteloup ?


Avec Philippe comme journaliste, comme reporter, j'ai vécu en direct et en communion avec lui qui savait fixer les images de l'histoire en mouvement, quelques unes des mutations du XXe siècle : des retrouvailles avec les Egéries russes à Moscou après la chute du mur de Berlin au lancement du mouvement de la Nouvelle Alliance à New York, au pied de la Statue de la Liberté, sous l'égide des Présidents François Mitterrand et de Ronald Reagan. 


De par le monde, Philippe Maille était le même cultivant l’art où il était champion du monde : faire des photos sans clichés. En reportage, il se montrait à la fois audacieux et diplomate, observateur et dynamique, perspicace et rapide, courageux et plein d'humour. Pour obtenir l'image parfaite, le cadrage génial, l'instant idéal du déclic, il savait être à la fois et patient et tenace. Il n'avait peur de rien et surtout pas de la beauté, cette beauté des images auxquelles il se dédiait en serviteur et en seigneur de son art. A chaque FORET DES LIVRES, le dernier dimanche d'août, sous les feuilles des auteurs et celles des arbres centenaires du village de Chanceaux-près-Loches, dans la Touraine des écrivains, combien de fois ne nous a-t-il pas saisi par son sens suprême de la poésie qui nous fait monter les larmes aux yeux quand nous regardons aujourd'hui à nouveau ses si belles photos ?


Jusqu'à la fin, il a oeuvré comme photographe à la poursuite de la beauté. Le temps actif avait fait sur lui le travail d'une métamorphose bénéfique et, après avoir servi l'actualité à chaud, il s'était intéressé à l'art illimité. Il était passé de la photo choc à l'enluminure de l'éternité. A Reims, la ville de ses ancêtres et de sa naissance, il avait le beau projet de consacrer un livre de photos aux 800 ans de la cathédrale. Il en avait gravi toutes les marches jusqu'au ciel pour réaliser ces clichés dont il avait le secret et dont il nous avait montré les premiers tirages.


Cher Philippe, c'est si facile de te dire aujourd'hui de la terre jusqu'aux nuages et jusqu'aux arcatures qui donnent sur le ciel combien était grand ton talent. Tu étais sur la voie de la fin de ton existence, et tu ne le savais pas encore, et comme préface à ta vie spirituelle, à ta vie éternelle, tu présentais le chef d'œuvre de tes images impeccables de la Cathédrale de Reims. Cela voulait dire que ce jour-là, c’était celui de ton sacre de Reims, la brutalité de l'actualité avait cédé la place à la tendresse des cieux. Ton parcours d’artiste avait trouvé son accomplissement et tu étais parvenu au moment où il est bon de comprendre ce que signifie la racine grecque du mot enthousiasme : avoir Dieu en soi.  


A l'heure de l'éternité de l'amour que tu portes à ta fille Emilie et à ta compagne Micheline, à l'heure où nous ressentons la joyeuse solidarité chevaleresque de la garde étincelante de tes amis pour toujours, je voudrais saluer par une phrase de Baudelaire à la fois ton credo, la pérennité de ton art : "L'image ma grande, ma primitive passion".

 

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